
Le bon Sauvage
18 août, 2008Vous l’aurez deviné : cette image d’une mère singe et de son enfant (lui aussi singe) représente le rôle que jouent les affects d’un cerveau évolué dans l’appréciation de la musique.
Deux psychologues s’interrogent (ici) sur la façon, encore mystérieuse en dépit des nombreuses études sur la question, dont la musique parvient à émouvoir. L’hypothèse défendue : notre amour de la musique refléterait la capacité ancestrale de notre cerveau de mammifère à transmettre et à recevoir des sons primitifs qui peuvent susciter des réactions affectives, lesquelles seraient étroitement liées à l’évolution des espèces (vous savez, ce mec, Darwin). Autrement dit, l’évolution nous a permis de passer d’une sensibilité instinctive aux sons éprouvée par les animaux à une véritable appréciation de la musique, et ce, grâce au développement de notre cerveau qui réagit à cette musique.
Cela dit, dans un cas comme dans l’autre, la raison pour laquelle la musique émeut demeurerait la même (l’une, en fait, découlant de l’autre) : cela aurait quelque chose à voir avec “l’appel du sauvage” (call of the wild). C’est-à-dire. Le jeune animal qui requiert de l’attention ou qui craint la séparation tend à faire entendre un cri primal de désespoir. Or, notre sensibilité musicale s’expliquerait justement par cette peur de l’abandon. Une note ou un instrument qui se distingue de l’harmonie d’ensemble résonnerait en nous comme la peur de la séparation et de l’isolement et, de ce fait, provoquerait une réponse émotive.
Bon. Cette explication apparaît a priori peu convaincante (j’y reviendrai peut-être ultérieurement). Il faut dire qu’il ne s’agit là que d’une infirme partie d’un argumentaire touffu, qui traite de façon plus globale de la réaction émotionnelle à la musique, sujet complexe s’il en est. J’aurais pu m’intéresser à la fonction du soulier chez Michel Tremblay. Mais non : mon cerveau évolué eu la brillante idée d’entreprendre des recherches sur la raison pour laquelle je verse une larme à l’écoute de l’opus 80 ou de la Sonate à la lune de Beethoven. Oui, je sais, le cri primal qui rappelle l’abandon.

Ouch pour les mélomanes….
À trop vouloir comprendre, parfois…
Ça m’a hanté toute la journée cette histoire d’abandon. Et peut-être que, oui, peut-être que.
D’une part, je crois que mon compte rendu ne rend absolument pas justice à l’article, que j’ai tout juste traversé ; j’avoue que mon idée était davantage de titiller que d’informer, faisant une Michael Moore de moi-même. D’autre part, la musique et le cerveau humain : deux mystères.
“Vous l’aurez deviné : cette image d’une mère singe et de son enfant (lui aussi singe) représente le rôle que jouent les affects d’un cerveau évolué dans l’appréciation de la musique.”
Bien sûr j’avais tout deviné au premier coup d’oeil !
J’aime bien tes textes même si ils me rendent jalouses et que je te déteste maintenant
)
Tu m’as tout appris