
Expiation
25 août, 2008Aucune trace de sang séché sur les murs ni de taches de vieille sueur au sol. Personne pour me renvoyer l’image de celle que j’étais alors. C’était comme si je n’étais jamais passée par là, comme si je n’y avais jamais souffert, surtout. J’aurais pourtant cru que les lieux en auraient été stigmatisés, défigurés par toutes ces cicatrices. Pour cette raison j’ai longtemps refusé le pèlerinage, craignant un passé douloureux qui ressurgirait dans un présent feignant l’amnésie. Ma mémoire, comme cet endroit, aura fait acte de résilience. En fait, il aura fallu toutes ces années pour que la douleur s’installe ailleurs. Mes angoisses auront quitté cet espace pour en investir un autre, où les signes de ma détresse sont partout visibles, encore subis.