
The end
18 septembre, 2008Il était sorti pour fumer. C’était nouveau. Étonnant, même, lui si soucieux de sa santé. Mais je ne l’avais pas revu depuis treize ans, c’est vrai. J’avais atterri chez lui, une nuit, sans m’annoncer. Et pourtant il m’attendait (pas un regard surpris, pas une interrogation), moi et cette autre fille qui me semblait familière. Ce n’était pas Patricia – où était-elle, d’ailleurs, pendant que lui fraternisait avec nous, peut-même en secret? On ne devinait sa présence que sur le post-it où elle avait écrit en grosses lettres moulées Je t’aime xxx.
Moi aussi, je crois que je l’aimais à ce moment-là. Il aurait dit un amour de petite fille, comme si c’était moins sérieux. Un amour dont on ne revient jamais complètement,en vérité. C’est si commun, traîner avec soi une ancienne fêlure sentimentale. Commun, aussi, de régulièrement se rappeler au souvenir de celui qui vous fait souffrir. Cette autre fille, était-elle là pour les mêmes raisons – sa faiblesse, son masochisme?
Nous n’avons pas parlé, ou si peu. J’attendais qu’il aborde le sujet. Mais il s’est contenté de se plaindre de son épaule meurtrie, et de se moquer de mes pauvres atours avec l’inconnue. J’ai ri, sans joie. Presque avec indifférence, en fait, parce que ça faisait moins mal. Je regrettais déjà d’être accourue vers lui. Visiblement, il agissait pour que je ne recommence plus. La première fois en treize ans ; c’était encore trop pour lui. Soit.