
Mon quartier
19 septembre, 2008Je suis allée au bout du monde avant d’explorer la misère de mon quartier. Je dis misère : c’est un compliment ; la petite misère, elle est belle, elle est authentique, elle est éloquente, elle est inspirante. Celle des autres, certes, qui les transforme en une galerie de personnages fascinants. Un monsieur qui mange du bois sur un banc de parc. Une fillette qui fait du ski de fond sur le trottoir. Un vieil homme qui cherche une chaise volante pour son canari à la patte cassée. Une cancéreuse affalée contre un immeuble, à la recherche d’une oreille attentive. Une dame âgée qui parle à sa poupée comme s’il s’agissait de son enfant. Un alcoolique ivre mort que les policiers embarquent pour lui éviter une insolation en cette chaleur accablante. Les chanceux : leur misère les a qualifiés pour figurer ici.
Ma misère est sérieuse et tellement plus tragique…