
Une artiste ratée
21 septembre, 2008Dans mes rares flashes de lucidité, je réalise à quel point je me berce d’illusions. De croire que ce n’est pas autre chose qu’une construction, personnelle ou sociale. Qu’il s’agit d’un choix que, s’il ne me convient pas ou plus, je peux modifier à ma guise. Que cette chose que l’on appelle « norme » n’est que le résultat d’un consensus silencieux qui rassure. Que c’est avant tout une question de culture s’il se dessine une vision commune à plus ou moins grande échelle. Que c’est le signe visible d’un conditionnement qu’on ne remet pas en question.
Pourquoi, dès lors que j’ai le pouvoir d’envisager la vie de la façon qui me rendrait la plus heureuse, pourquoi je m’impose de telles limites? Pourquoi, justement, je ne cherche pas désespérément à être heureuse? Pourquoi j’accepte de subir le poids de mes conceptions pessimistes?
…
Les réponses ne sont guère aussi pertinentes que les questions, ne serait-ce que parce que celles-ci demeurent quand celles-là fluctuent. Elles sont tout au plus une tentative d’explication pour se donner l’impression qu’il y a un sens à comprendre. Si sens il y a, c’est celui qu’on veut bien créer. En ce sens, nous sommes tous des créateurs, et notre vie sera notre chef-d’oeuvre. Visiblement, l’art relève d’un jugement hautement subjectif.
Cela n’est pas plus vrai qu’un autre discours.