
Agace, masochiste et meurtrière
29 septembre, 2008Quand on y pense, c’est drôle, cette irrépressible envie d’écrire. Un roman, des histoires, des poèmes, un essai: des projets orientés, déjà je le comprends mieux ; mais ces exercices futiles, capricieux et capsulaires qui bouffent tant de temps, à quoi bon? Non pas que les passe-temps doivent avoir d’autre but que le plaisir gratuit, mais c’est oublier l’acharnement chichement récompensé qu’exige une telle activité. Ce n’est pas comme si l’inspiration coulait à flots – souvent, le crayon me démange, la page me fait des yeux doux, mais le sujet se refuse obstinément à moi. L’écriture est agace ; elle séduit avec légèreté pour mieux rejeter avec violence.
Écrire demeure un travail ingrat, dont les résultats ne reflètent que rarement les efforts sanglants. Écrire relève d’un acte masochiste. Écrire rapproche chaque fois un peu plus de la mort.
Bah, on meurt tous de quelque chose. Je mourrai d’écriture, voilà tout.
[...] les écrivains sont des suicidés en sursis. Posted in littérature | Tagged citation, fiction, imaginaire, suicide [...]