Je me dis que je dois en profiter. Je me dis que je dois m’amuser. Je me dis que je dois occuper mon temps de façon constructive. Je me dis que je dois prendre de l’avance sur mon travail de l’hiver. Je me dis que je dois me concentrer sur l’entraînement. Je me dis que je dois lire, lire et lire. Je me dis que je dois écrire, écrire et écrire. Je me dis que je dois procéder à un ménage en profondeur. Je me dis que je dois faire tout ce que je me promettais mais qui, faute de temps, me trottait toujours dans la tête. Je me dis que je dois me livrer à mes passions. Je me dis que je dois gâter mes proches. Je me dis que je dois me prendre en main. Je me dis que je dois éplucher les offres d’emploi. Je me dis que je dois m’ouvrir à de nouveaux horizons. Je me dis que je dois développer mes talents de photographe. Je me dis que je dois le tenter, ce saut en parachute. Je me dis que je dois assouvir mes envies. Je me dis que je dois visiter les recoins inconnus de ma ville. Je me dis que je dois courir les spectacles et les événements. Je me dis que je dois élire le café le plus confortable. Je me dis que je dois assister à un congrès de pharmaciens, par curiosité. Je me dis que je dois aller à New York.
C’est pour cela qu’il faut travailler : pour éviter le stress d’avoir à faire un choix parmi toutes les activités disponibles. D’autant qu’on me le demandera, suivi d’une réaction de pitié, voire de colère si je n’ai pas volé en montgolfière ni fait tourné un ballon sur mon nez. Être en congé, ce n’est pas de tout repos ; il faut en profiter, à défaut de quoi c’est du temps gaspillé. Et alors on me méprisera, parce que je n’aurai pas saisi ma chance. Vivement le retour au travail pour pouvoir souffler un peu.


