
Le chevalier déchu
14 décembre, 2008Il a hésité un instant, puis il s’est contenté d’un sourire triste – mais résigné, je dirais. J’en ai eu un pincement au coeur (mon premier ; j’ai su, enfin, ce que c’était, et ça fait mal). Je l’aurais pris dans mes bras, si j’avais été ce genre de femme, ou si cela avait été approprié (bref, je ne l’aurais jamais fait). Tout ce temps à m’imaginer nos conversations, ces monologues où je lui crachais ma détresse en plein visage (toujours ce fantasme de cracher ma nudité à tout vent). Seulement parce que nos rôles me le permettraient (et parce que j’ai la faiblesse de croire que ça me ferait du bien).
De tous les débordements festifs de la soirée, c’est son fragment de désoeuvrement qui me hante. S’il n’est plus invincible au découragement, s’il n’est plus mon rempart contre le désespoir, il ne me reste plus qu’à me coucher en boule et à attendre la fin. Ce soir-là, j’aurai donc perdu mon Chevalier Contemporain et ma Dernière Duchesse.
Bon, ça y est, j’essuie une larme. Touchant comme une chanson de la dernière duchesse.
Dure soirée pour toi…