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Pourrie de talent

17 janvier, 2009

Je le voudrais, mais je ne peux pas. Pas parce que j’ai mal – en fait, si, mais j’arrive encore à le supporter -, mais parce que la vie fuit. Elle fuit toujours, mais elle se montre parfois généreuse ; alors elle m’attend et, l’espace d’un bref instant, elle me laisse en saisir une parcelle – l’absence d’un ami, la solitude, l’admiration, la virilité d’Ovila, l’imaginaire, la complicité, une bourde politique… Peut-être continue-t-elle à me tendre des perches, mais je ne les vois pas. Il ne me reste plus qu’à écrire ce vide, cette absence, et c’est ce que je fais quand je n’écris pas. C’est une prise de position artistique : je n’écris pas parce que je n’ai rien à dire ; je n’écris pas pour dire ce rien. Il faudra bien, un jour, que l’on reconnaisse mon talent et mon engagement politique.

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