Archives pour mars 2009

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Potato, potato

30 mars, 2009

Des deux maux je choisis le moins pire, mais le plus souffrant.

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Simplicité volontaire

22 mars, 2009

Moi, vous savez, d’être heureuse, ça me suffit ; je n’en ai pas besoin davantage.

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Quand imaginer, c’est se suicider

11 mars, 2009

« Il arrive que le monde nous fatigue. […] Parfois, nous le trouvons trop compliqué. […] Parfois, nous éprouvons le sentiment d’être étrangers en lui. Entre lui et nous, ça ne va pas. Entre lui et nous, c’est l’absurde. […] Nous souffrons de n’avoir qu’un seul trop grand monde à notre disposition, pas à notre avantage. Il nous joue un spectacle dont nous ne sommes pas le héros principal. Il nous déçoit. Quand la souffrance va trop loin, nous saisit le désir intense d’en finir. Nous voulons disparaître parce que le monde ne ressemble pas assez aux autres mondes que nous rêvons d’habiter.

[…]

[Les sciences et les philosophies ont beau nous expliquer ce qu’elles peuvent, nous souffrons d’une insatisfaction essentielle.] Ou le monde ne parle pas la langue que nous pourrions entendre. Ou nous parlons une langue qui ne trouve pas en lui son répondant. Les bienheureux qui sont contents de leur sort nous paraissent bizarres, saugrenus. Nous n’arrivons pas à croire qu’ils aiment vivre. Dans tous les cas, nous appelons un autre monde plus conforme à nos espérances. Ne trouvant pas dans le monde un monde aimable, nous l’inventons. C’est le point de départ de l’imaginaire. »

(Pierre-Yves Bourdil, Les autres mondes. Philosophie de l’imaginaire, 1999)

 

D’où que :

- l’écriture d’une fiction naît de cette double exigence : celle d’une fuite du réel, combinée à celle d’un espoir en un monde meilleur pour soi (comme si mon monde meilleur était fait d’arrachage de face, de pendaison dans les garderies et de viol bulgare…) ; 

- si chacun dessine son propre monde à l’horizon de ses besoins et de ses goûts, nous serons tous seuls dans notre paradis individuel (heureusement : qui voudrait vivre dans mon monde où se trament des complots gynécologiques et des trafics d’oeil humain, même si les fesses de Roy Dupuis s’en donnent à coeur joie ?) ;

- les écrivains sont des suicidés en sursis.

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Boris, mine de rien

4 mars, 2009

Ce serait l’histoire d’une fille qui s’arrache la face. Le genre de fille qui doit faire table rase pour repartir sur de nouvelles bases. En l’occurrence, une nouvelle face. Un soir, comme ça, en se brossant les dents devant le miroir, elle s’arracherait la face.

 Après, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu’on fait ou ce qu’on ressent après s’être arraché la face. Personne n’en parle jamais.

 Elle aussi l’ignore. Elle se dit j’aimerais m’arracher la face sans penser aux conséquences. En fait, elle croit simplement qu’elle ira mieux ensuite. Comme si s’arracher la face n’était pas souffrant. Elle me répondrait au moins la douleur aurait une origine claire, circonscrite. Je ne saurais pas comment la réconforter.

 Au fond je la déteste, cette fille qui veut s’arracher la face. Il faut toujours qu’elle s’arrache un morceau ; elle ne résiste jamais longtemps à cette envie. Elle pense c’est pas un problème tant que personne l’apprend. En fait c’est ce qu’on lui répète aux réunions des Auto-Arracheurs Anonymes (les AAA). Aussi prétend-elle ignorer ce qui se passe après l’arrachage, mais je sais bien que ses yeux, ce n’est pas la même paire qu’autrefois. Maintenant la face, demain le genoux, probablement.