
Boris, mine de rien
4 mars, 2009Ce serait l’histoire d’une fille qui s’arrache la face. Le genre de fille qui doit faire table rase pour repartir sur de nouvelles bases. En l’occurrence, une nouvelle face. Un soir, comme ça, en se brossant les dents devant le miroir, elle s’arracherait la face.
Après, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu’on fait ou ce qu’on ressent après s’être arraché la face. Personne n’en parle jamais.
Elle aussi l’ignore. Elle se dit j’aimerais m’arracher la face sans penser aux conséquences. En fait, elle croit simplement qu’elle ira mieux ensuite. Comme si s’arracher la face n’était pas souffrant. Elle me répondrait au moins la douleur aurait une origine claire, circonscrite. Je ne saurais pas comment la réconforter.
Au fond je la déteste, cette fille qui veut s’arracher la face. Il faut toujours qu’elle s’arrache un morceau ; elle ne résiste jamais longtemps à cette envie. Elle pense c’est pas un problème tant que personne l’apprend. En fait c’est ce qu’on lui répète aux réunions des Auto-Arracheurs Anonymes (les AAA). Aussi prétend-elle ignorer ce qui se passe après l’arrachage, mais je sais bien que ses yeux, ce n’est pas la même paire qu’autrefois. Maintenant la face, demain le genoux, probablement.
Intéressant.
Une de mes amazones (projet en cours) s’est déjà arraché le visage…
Puis Marge, l’héroïne du premier roman que je tente de publier “perd” ses multiples visage aussi…
Le trouble est que leurs yeux restent les mêmes. Comme si on pouvait arracher le visage, que c’était normal, voire commun. Mais les yeux restent.
Elles devraient s’inscrire aux AAA – je vais en glisser un mot à Marge
[...] d’un espoir en un monde meilleur pour soi (comme si mon monde meilleur était fait d’arrachage de face, de pendaison dans les garderies et de viol bulgare…) [...]
On écrit pas nécessairement pour créer des mondes alternatifs meilleurs, dans mon cas, j’écris pour mettre des images sur des réalités (de notre monde). Dans le cas de l’arrachage ou de la fonte des visages, c’est le fantasme (de l’impossible) nudité. Alors, pas un monde meilleur pour moi, mais plus fidèle à ce qui est expérimenté…
Un viol bulgare peut être fidèle à un ressenti, non ?!