Je parle trop. C’est plus fort que moi. Il faut que je raconte tout, au moment où je le sens. Sans sensure – ou si peu, tout au plus retenue par la peur de déballer ainsi son intimité à de presque inconnus. Qui, devant mon flot de paroles, n’ont guère la chance d’en placer une. Ils se contentent d’écouter. Je crois. Ils ne m’ont jamais répondu. Silence total sur leurs motivations, leurs intentions, leurs justifications. Moi j’avoue j’avoue j’avoue, en espérant que. J’affirme, j’interroge, je touche, j’explique, je suppose, je devine, je pleure, je rappelle. Puis je me tais. J’attends. Jusqu’à ce que le quotidien vienne tromper l’attente. Que la fin ne se profile plus à l’horizon. Au moment où je crois avoir perdu la voix, je me remets à parler. Parce que j’ai envie d’en mourir.
