
Pré-Londres
27 août, 2009J’ai arrêté d’avoir hâte il y a longtemps. L’attente fébrile de Noël, de mon anniversaire, de la fin de l’école, de la récompense promise, de la visite chez parrain : je sais maintenant que ces événements finissent toujours par arriver, que je les espère ou non. La roue tourne sans que je ne la tourne. L’écoulement bête du temps.
Mais là, c’est différent. J’ai hâte, parce que l’attente dure depuis toujours – oui, je m’exprime avec la démesure de l’enfant excité. J’ai hâte, parce que mes attentes sont élevées. S’il y a là un risque de déception, ce sera seulement celui de réaliser que j’ai sous-estimé l’objet de mes désirs, lequel dépassera les idées les plus folles.
Ce soir, 19h40, je prends l’avion pour Londres. Air Canada. Je n’ai pas hâte à Londres, pas plus qu’à la Grèce ou à l’Écosse : eux aussi, ils finissent par arriver. Ce à quoi j’ai hâte, au contraire, ne devait plus se produire. Je n’y rêvais que davantage. Il faut bien rêver au-delà de la réalité.
Départ à 19h40, donc arrivée à l’aéroport vers 17h. Pas pour respecter le 3h recommandé – jamais -, pas pour profiter de l’ambiance de l’aéroport – encore moins -, mais parce que d’y être me rapprochera de mon rêve. Comme l’enfant, toujours le même, qui résiste au sommeil pour accueillir le Père Noël. Qu’il en profite, parce qu’il n’aura plus hâte pour bien longtemps.
Mon bagage à main est prêt. Je voyage léger pour éviter l’attente de la réception des valises à l’arrivée. De l’attente, je n’en manque pas ; pas besoin d’en rajouter. C’est l’insupportabilité de cette attente qui me pousse d’ailleurs à reprendre du service ici. Écrire, c’est occuper l’attente, c’est tromper l’ennui. Ce sera aussi, cette fois, l’occasion d’immortaliser l’événement de ma vie – les grands rêves ne connaissent pas la mesure des mots, il faudra m’excuser.
Bon voyage Viv. J’avais pas osé te demander si tu y allais quand même. J’espère que ce qui te fait rêver sera à la hauteur.
Danielle
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