Archive de la catégorie «Uncategorized»

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Astérix est mort

29 octobre, 2009

Le 29 octobre 1959 paraissaient les premières aventures d’Astérix. Le Gaulois célèbre donc aujourd’hui son cinquantième anniversaire. Pour l’occasion, Uderzo publie un 34e album, L’anniversaire d’Astérix et d’Obélix – Le livre d’or. Des rumeurs veulent que ce dernier opus raconte la dépendance d’Astérix à la potion magique, dépendance qui lui coûtera la vie.

La dernière bataille contre les Romains remonte à 8 ans (Astérix et Latraviata, 2001). Si Astérix s’ennuie de ces affrontements, il en a profité pour s’occuper autrement – en déménageant à Lutèce pour un temps, en assistant à des galas, en suivant des cours de chant avec Assurancetourix, en élevant des sangliers, en combattant des extraterrestres (Le ciel lui tombe sur la tête, 2005). Il envisage maintenant d’écrire des tragédies, de les interpréter et de les mettre en scène.

Mais voilà : il ne se passe pas une journée sans qu’on ne l’aborde pour lui signifier ses anciens succès ; à la case 29, des habitants du Nord ont parcouru des milles pour qu’il leur autographie un menhir. On le presse d’en découdre de nouveau avec les Romains. Son coeur balance entre sa première passion et ses nouveaux projets. Il demande conseil auprès de Panoramix, qui lui suggère un ultime affrontement avant de se retirer. Soit : il annonce sur la place du Village qu’il affrontera les Romains dans quelques mois, le temps d’apprendre de nouvelles techniques de combat pour rendre sa retraite plus glorieuse.

Il s’entraîne quotidiennement ; on le voit entre autres soulever Obélix et courir avec Idéfix (mais se garder de déraciner des arbres). On n’en saura pas davantage : Uderzo adopte le point de vue des villageois, qui n’ont pas accès au terrain de pratique. Chose certaine, Astérix rentre chez lui de plus en plus épuisé ; les plumes de son casque trainent mollement derrière lui. Sa ration habituelle de potion magique ne semble plus suffisante. Il s’en ouvre à Panoramix, qui accepte d’augmenter sa dose, la réputation du village reposant sur la victoire du Gaulois. Le druide en profite aussi pour lui préparer d’autres conconctions – contre la douleur, la fatigue, l’anxiété, notamment. Astérix s’enfile potion après conconctions, de façon de plus en plus systématique.

Les rumeurs en révèlent peu sur la suite des choses sinon que, à la fin, Astérix meurt subitement d’une surdose et d’un mélange de potions diverses. Celles-ci auront eu raison de l’irréductibilité du Gaulois. Les circonstances entourant son décès demeurent nébuleuses. Certains lecteurs (mais ont-ils lu le dernier album en question?) affirment que les Romains auraient manigancé pour mener Astérix à cette extrémité, en alimentant anonymement Panoramix en ingrédients généralement difficiles à trouver pour la préparation de la potion magique. D’autres pensent que la faute revient aux villageois, qui le poussaient à performer au-delà de ses forces pour l’honneur des siens. Qui sait, même, si ce n’est pas Obélix qui n’a pas été corrompu par quelque devin (mais pour quel motif?)?

Certes, la mort d’Astérix a de quoi surprendre. Mais, à 82 ans et à raison d’un album au 4 ans, on peut penser qu’Uderzo signe ici sa fin et, conséquemment, celle du héros.

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La disco-mobile

16 septembre, 2008

Derrière mes lunettes fumées ou mon oeil de pirate, je suis devenue une promeneuse de l’après-midi. Je laisse ma mémoire me guider, tout comme je la laisse me divertir. Elle a renoué avec ses 16 ans, hier. Il faut qu’elle soit vulnérable pour qu’elle se soit laissée ainsi attendrir. Elle l’a vécu en fait comme la trace d’un passé qui n’est jamais revenu avec autant d’intensité. Une sorte de nostalgie des tourments propres à l’adolescence. Dix ans se sont écoulés ; elle ne s’inflige plus une telle douleur, mais celle-ci ne se ressent pas moins ailleurs. Seulement, il est peu probable que la mémoire en éprouvera éventuellement quelque mélancolie.

Pas même pour le disco, et encore moins pour la vaseline.

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Boîte vocale

10 septembre, 2008

Bonjour. Vous avez bien rejoint le blogue d’Une certaine Vie. Malheureusement, je ne peux (vous) écrire pour le moment. Veuillez laisser un message (anonyme, obscène, vulgaire, banal, silencieux, musical…) et j’y répondrai (anonymement, obscènement – bien que cela ne soit pas un mot -, vulgairement, banalement, silencieusement, musicalement…) dans les plus brefs délais. Merci.

Pour toute urgence, rejoignez-moi au party disco le plus près de chez vous.

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L’acrobate

5 septembre, 2008

Quand chaque mouvement devient un risque définitif. Vivre chaque instant avec ce sentiment de danger fatal. Alors que le corps continue d’avoir le réflexe de s’élever sur ses mains. Parce qu’il ne comprend pas que la situation a changé. – D’ailleurs, elle n’a pas changé, mais il y a eu prise de conscience forcée, à coup de rayons lumineux et de paroles en l’air, par des gens qui se prennent au sérieux à défaut de vous prendre au sérieux. La jeunesse demeure longtemps un obstacle à la considération publique. – Tout ce temps à s’en créer, voilà que les barrières se manifestent d’elles-mêmes. L’amitié contagieuse doit maintenant se dire et se réclamer à haute voix. On dirait presque qu’ils en sont heureux. Enfin ; profitons-en.

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Adieu

2 septembre, 2008

Ma huitième rentrée universitaire.

*soupir*

Adieu, monsieur le professeur.
On ne vous oubliera jamais
Et tout au fond de notre cœur,
Ces mots sont écrits à la craie.
Nous vous offrons ces quelques fleurs
Pour dire combien on vous aimait.
On ne vous oubliera jamais.
Adieu, monsieur le professeur.
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Ressuscitée

31 août, 2008

Je ne compte plus les fois où je suis revenue de la mort. Dès lors qu’elle nous tient entre ses filets, elle nous rappelle vers elle lorsqu’on s’y en attend le moins. Le temps de nous en croire enfin débarrassé et de planifier un certain avenir. En vérité, on oublie moins qu’on espère, faussement naïf. Aussi la joie se teinte-t-elle chaque fois d’une amertume, puisqu’on la sait – bien qu’on ne se l’avoue pas pour demeurer (à peu près) sain d’esprit – éphémère et annonciatrice des souffrances à venir. La mort est un chemin pavé de solitude.

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Expiation

25 août, 2008

Aucune trace de sang séché sur les murs ni de taches de vieille sueur au sol. Personne pour me renvoyer l’image de celle que j’étais alors. C’était comme si je n’étais jamais passée par là, comme si je n’y avais jamais souffert, surtout. J’aurais pourtant cru que les lieux en auraient été stigmatisés, défigurés par toutes ces cicatrices. Pour cette raison j’ai longtemps refusé le pèlerinage, craignant un passé douloureux qui ressurgirait dans un présent feignant l’amnésie. Ma mémoire, comme cet endroit, aura fait acte de résilience. En fait, il aura fallu toutes ces années pour que la douleur s’installe ailleurs. Mes angoisses auront quitté cet espace pour en investir un autre, où les signes de ma détresse sont partout visibles, encore subis.

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J’aurais voulu être D’Artagnan

24 août, 2008

Être le personnage d’un roman raconté par un narrateur omniscient. Une vie basée sur l’essentiel et l’efficacité. Ne penser que ce qu’il permet de penser. Ne prononcer que les mots qu’il met aux lèvres. Agir de la façon et au moment où il le décide, selon des lois simples de cause à effet. Suivre la trajectoire à laquelle il te destine. Regarder par une lunette réduite mais suffisante en l’occurrence. Interagir avec des types déterminés ; partager avec eux des liens clairs, qu’ils soient là pour aider ou pour nuire. Connaître et expérimenter seulement ce qui importe et ne pas s’interroger d’autre part. Se savoir utile dans le déroulement des choses – faire indubitablement une différence dans l’ensemble. Comprendre d’emblée les enjeux. Avoir l’assurance d’une fin prochaine, d’une résolution qui éclaire ce qui précède, si besoin est. Avoir des certitudes. Saisir le sens. Être intéressant.

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Jos

22 août, 2008

J’irai cracher sur ta tombe. Rongée par le ressentiment ton corps ce qu’il en reste par les vers. Tu ne sentiras rien déjà refroidi. Je n’oublie pas j’oublie les moments partagés mais pas. Tu en as douté je suis certaine tu l’as fait par vengeance je parie. Tu savais que. Ta photo n’est-ce pas. Prétexter en silence notre désintérêt non nos vies occupées. Peur de déranger. Une décision aussi douloureuse que radicale. Cette fois la bonne. La définitive. Refermé dans ton monde refusant de nous reconnaître. Ils étaient là j’ignore comment. Qu’importe je n’allais pas moi flancher. L’école. Si tu penses que. Après quel autre choix la fin plutôt que cette solitude. Tu as hésité tu aurais voulu tu as tellement voulu. Je n’ai pas compris tu aurais pu attendre. Mais plus rien. Seulement le bruit d’une sonnerie.

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Ordonnance

22 août, 2008

Une pilule pour le bonheur, s’il-vous-plaît.

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Lente agonie

21 août, 2008

Travailler crée de dangereuses dépendances. Certains appellent cela des récompenses. Une journée éreintante de boulot contre un souper gastronomique au restaurant. Une réunion imprévue contre une séance de massage. Des heures supplémentaires contre un billet de spectacle. Une semaine de 80h contre une fin de semaine dans un gîte. Une tâche indésirable contre une séance intensive de shopping.

Bientôt ces récompenses ne suffisent plus à racheter les efforts professionnels. On en demande plus pour moins. On est de moins en moins satisfait, d’un côté comme de l’autre. Notre travail en souffre. On s’absente plus souvent sous de faux prétextes. Notre motivation s’essouffle, cependant que notre temps de loisirs s’accroît. Notre patron en vient à se plaindre. On le rassure, ce n’est qu’un problème passager auquel on peut mettre un terme dès maintenant. La résolution tient quelques jours, deux semaines au plus, puis on rechute. On ne parvient plus à rencontrer les exigences du poste. Et alors: renvoi, démission ou dépression. Notre ego le prend difficilement. On se sent comme un moins que rien. On n’a plus les moyens de se récompenser. On emprunte, on ment pour se convaincre qu’on mérite de s’amuser. On sombre lentement, mais sûrement. Certains poseront le geste fatidique. D’autres se relèveront, pour connaître chaque fois le même sort.

Allez, au travail.

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Le bon Sauvage

18 août, 2008

Vous l’aurez deviné : cette image d’une mère singe et de son enfant (lui aussi singe) représente le rôle que jouent les affects d’un cerveau évolué dans l’appréciation de la musique.

Deux psychologues s’interrogent (ici) sur la façon, encore mystérieuse en dépit des nombreuses études sur la question, dont la musique parvient à émouvoir. L’hypothèse défendue : notre amour de la musique refléterait la capacité ancestrale de notre cerveau de mammifère à transmettre et à recevoir des sons primitifs qui peuvent susciter des réactions affectives, lesquelles seraient étroitement liées à l’évolution des espèces (vous savez, ce mec, Darwin). Autrement dit, l’évolution nous a permis de passer d’une sensibilité instinctive aux sons éprouvée par les animaux à une véritable appréciation de la musique, et ce, grâce au développement de notre cerveau qui réagit à cette musique.

Cela dit, dans un cas comme dans l’autre, la raison pour laquelle la musique émeut demeurerait la même (l’une, en fait, découlant de l’autre) : cela aurait quelque chose à voir avec “l’appel du sauvage” (call of the wild). C’est-à-dire. Le jeune animal qui requiert de l’attention ou qui craint la séparation tend à faire entendre un cri primal de désespoir. Or, notre sensibilité musicale s’expliquerait justement par cette peur de l’abandon. Une note ou un instrument qui se distingue de l’harmonie d’ensemble résonnerait en nous comme la peur de la séparation et de l’isolement et, de ce fait, provoquerait une réponse émotive.

Bon. Cette explication apparaît a priori peu convaincante (j’y reviendrai peut-être ultérieurement). Il faut dire qu’il ne s’agit là que d’une infirme partie d’un argumentaire touffu, qui traite de façon plus globale de la réaction émotionnelle à la musique, sujet complexe s’il en est. J’aurais pu m’intéresser à la fonction du soulier chez Michel Tremblay. Mais non : mon cerveau évolué eu la brillante idée d’entreprendre des recherches sur la raison pour laquelle je verse une larme à l’écoute de l’opus 80 ou de la Sonate à la lune de Beethoven. Oui, je sais, le cri primal qui rappelle l’abandon.

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Impression soleil levant

17 août, 2008

Comment dire. Au réveil, j’ai éprouvé l’étrange mais non moins certaine sensation que c’était Pâques aujourd’hui – ou, plutôt, Pâques en d’autres temps. Je me suis sentie comme l’enfant qui se réveille le matin de Pâques. Une sorte de fébrilité sans nom. Certes, l’anticipation du chocolat, des gâteries et du repas en famille. Mais pas en ces termes superficiels. Comme si, indépendamment de tous ces signes qui permettent de souligner Pâques sans pour autant la représenter ou la désigner (on l’oublie), je ressentais l’émotion fondamentalement liée à cette fête pascale. La simple joie de dire C’est Pâques aujourd’hui. Comme l’émotion indescriptible mais néanmoins palpable que fait naître la Saint-Jean ; il n’y aurait pas les festivités auxquelles les années nous ont habitués qu’on connaîtrait un état d’esprit particulier. Encore qu’on peut se demander si ce n’est pas le souvenir de moments mémorables ancrés dans mes tripes qui me laisseraient croire qu’il existerait un plaisir intrinsèquement pascal, national ou halloweenal.

Si seulement je pouvais réfléchir à des choses que j’arrive à comprendre, que je suis capable de formuler et auxquelles je peux répondre.

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Le mythe de l’écrivain

16 août, 2008

Je n’aime pas écrire. J’aime l’idée d’écrire, la représentation que je m’en fais, les circonstances qui entourent l’acte. Une nuit froide d’insomnie, calée dans le fauteuil avec un chocolat chaud, le reflet de l’écran d’ordinateur pour seul éclairage. Un soir d’orages violents, privée d’électricité, un crayon d’une main et une chandelle de l’autre. À la campagne, complètement isolée dans une cabane sans commodités, concentrée au point d’oublier de manger. Dans un café miteux, où le flânage est toléré à coup de refills de café filtre. Dans une gare, à capter les tranches de vie de ce monde en mouvement. Dans un bar bondé, où l’alcool ne vaut guère davantage que les tentatives d’écriture. Car voilà : l’inspiration n’est ni un lieu ni un moment. Évidemment. Encore que si ma carrière d’écrivaine tarde à prendre son envol, c’est uniquement parce que je n’ai pas trouvé LE café idéal où se languit le chef-d’oeuvre que la muse me destine.

En attendant : je n’aime pas écrire. Écrit-elle.

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Temps mort

14 août, 2008

Elle mourra un après-midi, une à deux heures après le repas. Elle souffrira doucement, comme à l’habitude, l’esprit obtus, le coeur oppressé, l’estomac. Capricieux, l’humeur à plat ventre. Résultat d’une matinée qui l’aura laissée complètement désoeuvrée. À peine deux lignes de plus qu’hier, contre trois heures d’acharnement inutile. Contre une vie de culpabilité.

Elle mourra pour rien.

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Ritournelle

14 août, 2008

Au fait, je ne sais pas raconter.

Aussi :

Le gars meurt à la fin.

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Deux poids, deux mesures

6 août, 2008

On excuse généralement les maladresses des premières fois. Le bébé qui trébuche en faisant ses premiers pas. L’enfant qui chute en bas de son vélo à ses débuts. Le pré-adolescent qui rate son premier pâté chinois. Le premier (et seul) échec scolaire au secondaire. Le premier exposé bégayé. La première leçon de piano, les doigts comme des soldats de plomb. Le premier « slow », où l’on piétine l’autre. La première beuverie, à en être malade pendant des jours. Les premiers ébats sexuels – quoique cela demande déjà plus d’indulgence.

Gaffe, malaise, stress, erreur : l’expérience rentrera.

Mais si, lors de notre première sortie en voiture, nous bousculons – « bousculer », « frapper », on ne s’énervera pas avec les mots – des piétons ou des cyclistes, alors là, c’est soudainement tolérance zéro. Faudrait savoir.