Je parle trop. C’est plus fort que moi. Il faut que je raconte tout, au moment où je le sens. Sans censure – ou si peu, tout au plus retenue par la peur de déballer ainsi son intimité à de presque inconnus. Qui, devant mon flot de paroles, n’ont guère la chance d’en placer une. Ils se contentent d’écouter. Je crois. Ils ne m’ont jamais répondu. Silence total sur leurs motivations, leurs intentions, leurs justifications. Moi j’avoue j’avoue j’avoue, en espérant que. J’affirme, j’interroge, je touche, j’explique, je suppose, je devine, je pleure, je rappelle. Puis je me tais. J’attends. Jusqu’à ce que le quotidien vienne tromper l’attente. Que la fin ne se profile plus à l’horizon. Au moment où je crois avoir perdu la voix, je me remets à parler. Parce que j’ai envie d’en mourir.
Parole meurtrière
Posté par Viv le 10 juillet, 2009
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L’habit fait le lardon en foire
Posté par Viv le 11 avril, 2009
Il était à la recherche d’un habit rassurant. Je n’avais rien à lui offrir, sinon ma poche de vêtements défraîchis, que je donne pour la même raison que les conserves à Noël : les démunis n’ont pas d’autre choix que de se contenter de peu, alors autant en profiter. Lui, il a réagi avec dédain. Il n’était pas pauvre, non mais ; il avait peur. D’où l’habit. Rassurant.
Il m’a pris la main et m’a entraînée dans sa chasse. Il me promettait, en échange de mon temps, un habit débrouillard. Nous avons volé de voisins en boutiques, de friperies en bazars, de ventes de garage en comptoirs vestimentaires, de l’Armée du salut en Refuge des Nudistes anonymes. La mode était aux habits oisifs et aux robes contrôlantes. Pas d’habit qui protège contre la peur ou le brouillard. Tout juste un bas malin, mais le pouvoir ne dépassait pas la cheville. J’avais le pied malin. Et l’oeil triste de sentir le dépit de mon compagnon d’infortune.
Je l’ai ramené chez moi. Je lui ai servi une limonade. Je me suis esquivée au grenier pour récupérer un vieux drap. J’en ai fait une cape. Je lui ai dit qu’elle avait appartenu à une de mes ancêtres, accusée de sorcellerie. Je l’ai convaincu qu’elle rendait invisible. Qu’il ne craindrait pas lorsqu’il la porterait. Je me préparais à jouer la comédie. Oh, mais où es-tu? je ne te vois plus! Mais il n’a pas enfilé la cape pour en tester les vertus. Il n’avait pas peur.
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Jardin secret
Posté par Viv le 9 avril, 2009
Maintenant que je l’ai avoué à certains – qui ne s’en sont pas encore remis -, autant le déclarer ici : je suis une adepte des montagnes russes mais, surtout, des mines de charbon. D’autres se suicident pour moins, je sais. Que l’on se rassure : ce n’est pas contagieux.
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Cyrano mangeait des crottes de fromage
Posté par Viv le 5 avril, 2009
Je ne sais pas ce qui m’a pris. Ce n’est pas la première personne bizarre que je rencontre dans un autobus. Il n’était même pas aussi bizarre que cette femme qui traitait sa poupée comme s’il s’agissait d’un enfant (j’avais toujours considéré comme le comble de l’absurde cet épisode de La petite vie où Lison, pour « stimuler ses ovaires », devait jouer à la mère avec une poupée. Et pourtant). Lui, il avait l’étrangeté discrète, quoique incontournable par un nez qui le rendait digne de Cyrano. Cyrano utilisant le réseau de transports en commun. Tranquillement sénile et mangeant des crottes de fromage. Il les suçait, en fait, du haut de ses quelque soixante-dix ans. Ces années visiblement lui pesaient – les minutes, même, puisqu’il rapetissait au fil du trajet. Son dos se voûtait un peu plus à chaque bouchée, si bien que je n’ai bientôt plus vu que son cou, sa tête blanche se perdant dans son sac de croustilles oranges. Il n’avait plus à fournir l’effort de porter la main à sa bouche. Pas une seule fois il n’a regardé à l’extérieur pour vérifier si son arrêt approchait.
J’ai laissé passer mon propre arrêt.
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Potato, potato
Posté par Viv le 30 mars, 2009
Des deux maux je choisis le moins pire, mais le plus souffrant.
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Simplicité volontaire
Posté par Viv le 22 mars, 2009
Moi, vous savez, d’être heureuse, ça me suffit ; je n’en ai pas besoin davantage.
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Quand imaginer, c’est se suicider
Posté par Viv le 11 mars, 2009
« Il arrive que le monde nous fatigue. […] Parfois, nous le trouvons trop compliqué. […] Parfois, nous éprouvons le sentiment d’être étrangers en lui. Entre lui et nous, ça ne va pas. Entre lui et nous, c’est l’absurde. […] Nous souffrons de n’avoir qu’un seul trop grand monde à notre disposition, pas à notre avantage. Il nous joue un spectacle dont nous ne sommes pas le héros principal. Il nous déçoit. Quand la souffrance va trop loin, nous saisit le désir intense d’en finir. Nous voulons disparaître parce que le monde ne ressemble pas assez aux autres mondes que nous rêvons d’habiter.
[…]
[Les sciences et les philosophies ont beau nous expliquer ce qu’elles peuvent, nous souffrons d’une insatisfaction essentielle.] Ou le monde ne parle pas la langue que nous pourrions entendre. Ou nous parlons une langue qui ne trouve pas en lui son répondant. Les bienheureux qui sont contents de leur sort nous paraissent bizarres, saugrenus. Nous n’arrivons pas à croire qu’ils aiment vivre. Dans tous les cas, nous appelons un autre monde plus conforme à nos espérances. Ne trouvant pas dans le monde un monde aimable, nous l’inventons. C’est le point de départ de l’imaginaire. »
(Pierre-Yves Bourdil, Les autres mondes. Philosophie de l’imaginaire, 1999)
D’où que :
- l’écriture d’une fiction naît de cette double exigence : celle d’une fuite du réel, combinée à celle d’un espoir en un monde meilleur pour soi (comme si mon monde meilleur était fait d’arrachage de face, de pendaison dans les garderies et de viol bulgare…) ;
- si chacun dessine son propre monde à l’horizon de ses besoins et de ses goûts, nous serons tous seuls dans notre paradis individuel (heureusement : qui voudrait vivre dans mon monde où se trament des complots gynécologiques et des trafics d’oeil humain, même si les fesses de Roy Dupuis s’en donnent à coeur joie ?) ;
- les écrivains sont des suicidés en sursis.
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Boris, mine de rien
Posté par Viv le 4 mars, 2009
Ce serait l’histoire d’une fille qui s’arrache la face. Le genre de fille qui doit faire table rase pour repartir sur de nouvelles bases. En l’occurrence, une nouvelle face. Un soir, comme ça, en se brossant les dents devant le miroir, elle s’arracherait la face.
Après, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu’on fait ou ce qu’on ressent après s’être arraché la face. Personne n’en parle jamais.
Elle aussi l’ignore. Elle se dit j’aimerais m’arracher la face sans penser aux conséquences. En fait, elle croit simplement qu’elle ira mieux ensuite. Comme si s’arracher la face n’était pas souffrant. Elle me répondrait au moins la douleur aurait une origine claire, circonscrite. Je ne saurais pas comment la réconforter.
Au fond je la déteste, cette fille qui veut s’arracher la face. Il faut toujours qu’elle s’arrache un morceau ; elle ne résiste jamais longtemps à cette envie. Elle pense c’est pas un problème tant que personne l’apprend. En fait c’est ce qu’on lui répète aux réunions des Auto-Arracheurs Anonymes (les AAA). Aussi prétend-elle ignorer ce qui se passe après l’arrachage, mais je sais bien que ses yeux, ce n’est pas la même paire qu’autrefois. Maintenant la face, demain le genoux, probablement.
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Mauvais casting
Posté par Viv le 23 février, 2009
C’est … de savoir que tu ne seras pas là. J’écrirais « c’est drôle », si je n’évitais pas généralement cette expression qui ne désigne rien dont on peut rire. Mais « drôle » comme pour ces choses qui arrivent naturellement sans qu’on s’y soit attendu, sans qu’on l’ait prévu, sans qu’on l’ait même cru possible. « Drôle », parce que c’est le constat d’une perte, mais dépourvu d’émotion : ni sentiment de libération ni tristesse. Pas plus que de l’indifférence puisque, malgré tout, je pense (à) ton absence. Elle ne passe pas inaperçue. Mais c’est tout.
On dira que c’est le travail du temps, le temps qui fait son oeuvre. Je ne le crois pas. Du temps, il y en a eu beaucoup entre nous, et rien n’a changé. Il y a eu aussi beaucoup d’absence et de silence – il n’y a eu essentiellement que ça, même, mais cela ne nous a pas éloignés non plus. J’y verrais plutôt la marque de la parole, ou celle de la solitude profonde. Celle-ci plus que celle-là. Peu de choses ont survécu à celle-ci.
Tu ne sais rien de tout cela, et pourtant je t’en annonce la fin. Tu n’y comprendras rien, car les anecdotes ne mènent pas vers un quelconque dénouement, contrairement aux histoires. C’est à se demander si nous avons joué dans le même épisode. En fait, j’ai essayé de jouer la légèreté de ton scénario mais, au final, mon casting est celui d’actrice d’histoire.
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Le suicide, ce mal-aimé
Posté par Viv le 17 février, 2009
J’ai finalement opté pour la pendaison. En fait, ce n’est pas tant un choix qu’une question de principe à respecter. Je mourrai un jour, et je n’ai aucune excuse pour remettre au lendemain ce que je peux faire aujourd’hui. D’autant que je n’ai rien prévu pour la journée et, pour tout dire, je m’ennuie. Maintenant, au moins, j’ai une activité à l’agenda.
On ne soupçonne pas à quel point la planification de sa mort exige du temps, de l’énergie et une certaine dose de créativité. Certes, les moins consciencieux s’en débarrassent promptement : à peine deux phrases griffonnées sur du papier – Je n’en peux plus. Je suis désolé -, puis une balle dans la tête. Pas mêmes foutus de sortir de leur appartement pour commettre l’acte. Ce sont de tels paresseux qui font une mauvaise presse au suicide. Mon geste réconciliera le public avec la mort. Mon ambition est à la fois politique et esthétique. L’art au service d’une cause : je signe le retour de l’engagement artistique.
Ma performance sera simple mais inventive, instructive mais divertissante pour ces enfants de la garderie où l’événement se produira. En confrontant la jeune génération à la mort, j’espère éradiquer d’emblée la crainte de celle-ci, laquelle ne cesse de nous étreindre jusqu’à la dernière heure. Je leur montrerai qu’elle fait partie du quotidien, qu’elle est présente en tout lieu, et pas seulement au cimetière ou à l’hôpital. La corde à danser qui m’aura étranglée illustrera le côté ludique de la chose, comme quoi on peut sauter de la vie à la mort. La responsable du service de garde s’en servira d’ailleurs comme prétexte pour l’invention d’une nouvelle comptine, celle de la «Reine Élizabeth a été assassinée par…» étant dépassée. Les Patriotes pendus en 1839 en seront les nouveaux héros ; l’histoire québécoise s’imprimera ainsi très tôt dans l’éducation des citoyens de demain. Il faudra aussi insister sur l’esprit d’initiative dont fait preuve celui qui prend en mains le moment de sa disparition. Le désir de leadership et d’entrepreneurship naîtra chez beaucoup d’entre eux ce jour-là.
Le reste de leur journée sera consacré au jeu du Pendu.
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Je me souviens…
Posté par Viv le 11 février, 2009
« Imagining something is better than remembering something. »
(John Irving, The World According to Garp)
Alors là, j’avoue que je ne sais pas.
Du reste, il m’apparaît que les souvenirs sont rarement exempts d’une part d’imagination, laquelle vient combler les vides ou broder autour d’un fait, d’une émotion. Raconter, même un souvenir, même un fait historique, est un geste qui s’abreuve d’imaginaire. Je me souviens…?!!
Un roman qui problématise, justement, cette frontière floue entre imagination et mémoire : L’Acquittement, de Gaétan Soucy (1997). Troublant, vraiment troublant.
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« Roman du terroir version trash »
Posté par Viv le 8 février, 2009
Je lis : « Tête-Triste intitula son travail Les choses qui auraient pu se pouvoir, mais qui ne se sont pas pu », et je regrette de ne pas y avoir pensé avant l’auteur.
Je lis encore : « Les gens tristes ont souvent plus d’imagination que les autres : ils s’inventent des histoires heureuses qui ne les concernent jamais ». Il faut en avoir une tonne, d’imagination, pour réussir à inventer une histoire heureuse.
(Sébastien Chabot, Le chant des mouches, Québec, Alto, 2007).
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Ça
Posté par Viv le 8 février, 2009
Ça recommence. Lorsque je m’en aperçois, il est déjà trop tard : Ça est accroché fermement à ma tête. À croire que Ça n’a rien d’autre à faire que de passer ses journées avec moi. Il y a bien un moyen de s’en débarrasser, mais Ça sait que je ne céderai pas à cette solution de facilité. Ça ne se vengerait que plus fort la prochaine fois, et alors tout le monde s’apercevrait que Ça traîne disgracieusement sur ma tête. J’essaie plutôt de le tolérer comme un ami - encombrant mais fiable.
Ça me raconte plein d’histoires de ses va-et-vient. Ça n’est pas bien reçu par tous ceux que Ça visite. Ça se fait souvent chasser comme la peste. Lorsque les gens en ont assez de sa présence, ils mettent un chapeau pour le dissimuler. Ça en vient à croire qu’on le trouve laid. Ça vient alors pleurer sur ma tête. Ça défait toute ma coiffure, mais je ne m’en fais plus ; toute mon énergie est dirigée vers Ça.
C’est plutôt rare, mais Ça se montre parfois heureux. Surtout quand Ça a réussi à résister contre l’attaque de la calotte et à gagner contre les Agents Exterminateurs. Ça a développé des trucs pour déjouer Ceux-ci : Ça cache son lieu d’atterrissage ; Ça semble sévir partout à la fois ; Ça signe une alliance avec Ceci ou Cela qui le protège ; Ça permet généreusement à celui qui le reçoit de se reposer… Ça n’a pas voulu me révéler les moyens employés pour demeurer sur mon crâne.
Si d’aventure vous aperceviez Ça trôner sur ma tête, n’en laissez rien apparaître. Ça se réjouit qu’on le remarque, et quand Ça s’excite, Ça saute partout et Ça devient particulièrement douloureux. Ignorez-le ; avec un peu de chance, Ça ira se faire voir ailleurs, pour un temps du moins.
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Les suicidés de la littérature
Posté par Viv le 2 février, 2009
Je ne suis pas supposée mourir aujourd’hui. C’est la semaine de la prévention contre le suicide. Ce n’est pas interdit de mourir, mais disons que c’est mal vu en ce moment. On parlera de moi aux nouvelles, on demandera à mes collègues leurs impressions, et ils diront oh elle avait l’air gentille on n’aurait jamais pensé ça d’elle, sauf une qui avouera qu’elle me trouvait effectivement un air louche, propice au suicide.
Mais quand bien même je refuserais le suicide, la menace est belle et bien réelle. Je crains fort qu’on me retrouve étouffée par un roman d’Echenoz pris en travers de la gorge. Pire : lacérée aux poignets par les pages de Quignard. Peut-être même électrocutée par mon ordinateur. J’irai alors rejoindre les suicidés de la littérature, ces artistes maudits qui ont préféré sauver leur oeuvre plutôt que leur âme. Pas que je m’y ennuierais : il paraît qu’ils passent leur temps à jouer au Cadavre exquis version pornographique.
Ça y est, je crois que le danger est passé pour aujourd’hui. Mais il n’y a pas de risque à prendre : je vais de ce pas brûler toutes les bibliothèques et toutes les librairies. Ce n’est pas la semaine contre la pyromanie, quelle chance.
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L’oeuf ou l’enveloppe
Posté par Viv le 27 janvier, 2009
Il m’a dit Tu vas voir, un moment donné, tu ne le verras plus que tu ne vois pas. Là, tu es jeune, ton cerveau est vif, mais quand il le sera moins, il ne le remarquera plus.
Jeune, alerte et aveugle, puis vieille, sénile et voyante.
« mes yeux sont tellement collés au point de vue que je regarde
qu’il me semble qu’ils vont saigner » (Cézanne)
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Pourrie de talent
Posté par Viv le 17 janvier, 2009
Je le voudrais, mais je ne peux pas. Pas parce que j’ai mal – en fait, si, mais j’arrive encore à le supporter -, mais parce que la vie fuit. Elle fuit toujours, mais elle se montre parfois généreuse ; alors elle m’attend et, l’espace d’un bref instant, elle me laisse en saisir une parcelle – l’absence d’un ami, la solitude, l’admiration, la virilité d’Ovila, l’imaginaire, la complicité, une bourde politique… Peut-être continue-t-elle à me tendre des perches, mais je ne les vois pas. Il ne me reste plus qu’à écrire ce vide, cette absence, et c’est ce que je fais quand je n’écris pas. C’est une prise de position artistique : je n’écris pas parce que je n’ai rien à dire ; je n’écris pas pour dire ce rien. Il faudra bien, un jour, que l’on reconnaisse mon talent et mon engagement politique.
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Moi et l’autre
Posté par Viv le 11 janvier, 2009
J’ai mauvais caractère. Je ne suis pas sympathique. L’empathie et la générosité, connais pas. Je parle peu et de travers. Je n’ai pas de conversation. Je n’ai aucun tact. Je ne réponds pas au téléphone. Je ne retourne pas mes appels. Je décline toute invitation. J’efface des « amis » de mon Facebook. Je ne suis pas à l’écoute des autres. Je les néglige. Je me moque de leurs problèmes. Je ne comprends pas leurs plaisirs. Je ne partage pas leurs joies. Je ne me réjouis pas pour eux. Je ne sais pas les réconforter. Peu m’importe leur quotidien. Ma mauvaise foi gêne. L’atmosphère devient lourde sous mon silence obstiné. Je lance des pointes assassines. Je gâche les réjouissances. Je suis méprisante. Je suis intolérante. Je suis rancunière. Je suis insupportable.
Ce soir, quand je l’ai vu danser à la télévision, j’ai crié. Quand son nom est apparu au générique, j’ai applaudi en riant.
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