Ceux qui déplorent le peu d’action, voire l’inintérêt des récits du quotidien tiendraient assurément un autre discours si ce quotidien raconté était celui de Michael Jackson.

Un gâteau ironique
31 octobre, 2009« J’écris de manière à ce que le lecteur ne sache jamais si on se fout de lui ou non. »
Gustave Flaubert

Astérix est mort
29 octobre, 2009Le 29 octobre 1959 paraissaient les premières aventures d’Astérix. Le Gaulois célèbre donc aujourd’hui son cinquantième anniversaire. Pour l’occasion, Uderzo publie un 34e album, L’anniversaire d’Astérix et d’Obélix – Le livre d’or. Des rumeurs veulent que ce dernier opus raconte la dépendance d’Astérix à la potion magique, dépendance qui lui coûtera la vie.
La dernière bataille contre les Romains remonte à 8 ans (Astérix et Latraviata, 2001). Si Astérix s’ennuie de ces affrontements, il en a profité pour s’occuper autrement – en déménageant à Lutèce pour un temps, en assistant à des galas, en suivant des cours de chant avec Assurancetourix, en élevant des sangliers, en combattant des extraterrestres (Le ciel lui tombe sur la tête, 2005). Il envisage maintenant d’écrire des tragédies, de les interpréter et de les mettre en scène.
Mais voilà : il ne se passe pas une journée sans qu’on ne l’aborde pour lui signifier ses anciens succès ; à la case 29, des habitants du Nord ont parcouru des milles pour qu’il leur autographie un menhir. On le presse d’en découdre de nouveau avec les Romains. Son coeur balance entre sa première passion et ses nouveaux projets. Il demande conseil auprès de Panoramix, qui lui suggère un ultime affrontement avant de se retirer. Soit : il annonce sur la place du Village qu’il affrontera les Romains dans quelques mois, le temps d’apprendre de nouvelles techniques de combat pour rendre sa retraite plus glorieuse.
Il s’entraîne quotidiennement ; on le voit entre autres soulever Obélix et courir avec Idéfix (mais se garder de déraciner des arbres). On n’en saura pas davantage : Uderzo adopte le point de vue des villageois, qui n’ont pas accès au terrain de pratique. Chose certaine, Astérix rentre chez lui de plus en plus épuisé ; les plumes de son casque trainent mollement derrière lui. Sa ration habituelle de potion magique ne semble plus suffisante. Il s’en ouvre à Panoramix, qui accepte d’augmenter sa dose, la réputation du village reposant sur la victoire du Gaulois. Le druide en profite aussi pour lui préparer d’autres conconctions – contre la douleur, la fatigue, l’anxiété, notamment. Astérix s’enfile potion après conconctions, de façon de plus en plus systématique.
Les rumeurs en révèlent peu sur la suite des choses sinon que, à la fin, Astérix meurt subitement d’une surdose et d’un mélange de potions diverses. Celles-ci auront eu raison de l’irréductibilité du Gaulois. Les circonstances entourant son décès demeurent nébuleuses. Certains lecteurs (mais ont-ils lu le dernier album en question?) affirment que les Romains auraient manigancé pour mener Astérix à cette extrémité, en alimentant anonymement Panoramix en ingrédients généralement difficiles à trouver pour la préparation de la potion magique. D’autres pensent que la faute revient aux villageois, qui le poussaient à performer au-delà de ses forces pour l’honneur des siens. Qui sait, même, si ce n’est pas Obélix qui n’a pas été corrompu par quelque devin (mais pour quel motif?)?
Certes, la mort d’Astérix a de quoi surprendre. Mais, à 82 ans et à raison d’un album au 4 ans, on peut penser qu’Uderzo signe ici sa fin et, conséquemment, celle du héros.

La Grèce n’aura pas lieu
27 octobre, 2009J’ai voyagé de Glasgow à Los Angeles aujourd’hui. Journée épuisante, qui se terminera dans un monde qui aurait pu exister, si la Grèce n’avait pas eu lieu.
D’un aéroport à l’autre, j’ai capté des bribes de vies en mouvement, sauf une.
Tant de silence et de silences.
Dormir.

Une certaine vie idéale, part 3
18 octobre, 2009Tant qu’à rêver être quelqu’un d’autre : un vieil homme aux cheveux mi-longs blancs, portant la barbiche blanche et la moustache noire ; caché derrière un fedora – blanc ou beige, selon l’humeur ou la lumière du jour – et des lunettes fumées ; une canne à une main, un cellulaire à l’autre. Je n’existerais pas autrement qu’assis sur une chaise, seul, à regarder ailleurs.

Une certaine vie idéale bis
17 octobre, 2009Une autre vie que j’aimerais squatter, c’est celle d’un médecin noir bedonnant accusé d’homicide involontaire. Je voudrais qu’on se réveille en pleine nuit pour me haïr, qu’on me crache au visage, qu’on m’insulte jusqu’à en vomir de rage. Les lettres de menace afflueraient ; je les lirais au petit-déjeuner, devant mon épouse qui serait restée à mes côtés pour jouir de ma misère. Mes enfants, de même, me traiteraient en paria. Je passerais mes journées dans l’obscurité, derrière des fenêtres placardées pour éviter de périr sous une balle perdue. Les médias, indécrottables, camperaient sur le seuil. Sur toutes les tribunes, ils baveraient mon incompétence, jongleraient avec mon intégrité, m’épingleraient en Commandeur. Pour ma défense, je me rabattrais sur Dieu et sur le triomphe de la vérité. Je demanderais qu’on me fasse confiance, sans donner d’autre raison. Ma voix de falsetto deviendrait une énième arme pour mes détracteurs : on me dirait louche, coupable, gai. Une face de bat, une face à fesser dedans jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien d’humain, à l’image du crime commis. Mais qu’importe l’horreur que j’incarnerais ; pour plusieurs, un tel sort semble néanmoins, au final, plus enviable que celui d’être roi.

Indigestion
8 octobre, 2009C’est la même chose que pour les aliments : les relations humaines ont, elles aussi, une date de péremption qu’il vaut mieux respecter pour notre santé.

Cul-de-sac
7 octobre, 2009
Si le téléphone sonnait si souvent au milieu de la nuit, c’était pour annoncer la mort. Je laissais la boîte vocale prendre le message. Il serait toujours trop tôt pour l’apprendre. Des voix qui remplissaient le silence éternel d’un autre. J’écoutais les mots en boucle au déjeuner, ces mots rendus ridicules par la distorsion d’un appareil cheap. Cet effet d’irréalité était chaque fois jugulé par le laconisme de l’interlocuteur : il est mort, puis une hésitation – car comment enchaîner après la fin. Sinon en pleurant, des années. La boîte vocale débordait.
Aujourd’hui, quand le téléphone sonne au milieu de la nuit, c’est pour annoncer une certaine vie. Celle de la débauche. Je réponds dès la deuxième sonnerie. Il serait toujours trop tard pour l’apprendre. Je dis oui oui oui, à qui, à quoi. Comme si je ne voulais pas mourir seule en pleine obscurité, qu’on enregistre ma mort sur la boîte vocale de la solitude. Je choisis plutôt l’autre mort, la petite, celle qui vous va apparemment si bien. Mais c’est du pareil au même, finalement ; il y a bien quelqu’un qui meurt ces nuits-là, et c’est forcément triste.

Hitler, lesbienne ?
28 septembre, 2009Et si le Père Noël était noir ? Et si Dieu était une femme ? Dès mon plus jeune âge, j’ai été conduite à remettre en question mes préjugés, par rapport à des choses aussi fondamentales que la nationalité du Père Noël et le sexe de Dieu. Quand même. À 8 ans. Pas étonnant que ma vie soit, depuis, guidée par une incertitude maladive. Je me raccrochais néanmoins à un fait avéré, un seul : Hitler était un homme. Une moustache, de l’autorité, un penchant pour les blondes aux yeux bleus : c’était un homme, assurément. Mon angoisse avait dès lors diminué. Chaque soir je m’endormais paisiblement sur cette conviction, laquelle m’accueillait de l’autre côté de la nuit comme une bouffée d’optimisme pour la journée. C’est le seul repère qui avait échappé à la postmodernité. J’avais de nouveau espoir en l’avenir.
Jusqu’à ce que certaines rumeurs laissent entendre que Hitler serait une femme. Âgée entre 20 et 40 ans au moment de sa mort. Sa naissance en 1889, sa sexualité, ses relations intimes et interpersonnelles, ses habits de petit soldat, son unique couille, son suicide viril : c’est toute sa vie – et, par le fait même, la mienne – qui est remise en question par de récentes découvertes. Hitler, un travesti ? Un transsexuel ? Un hermaphrodite ? Une lesbienne ? Un agent secret ? Si sa génétique est suspecte, toute sa personne le devient, toute certitude que l’on pouvait avoir à son égard. Hitler, un nain ? Un cul-de-jatte ? Un prêtre ? Un barreau de chaise ?
De la même façon que la perspective d’un Père Noël noir a donné lieu à une variation infinie de dessins, on peut compter que, dans les années à venir, la fragilisation du statut de Hitler stimulera l’imagination de la jeune génération. Le jour n’est pas loin où mon enfant, au retour de la maternelle, me tendra son chef-d’oeuvre en me disant : “Regarde maman, j’ai peint Hitler, la femme bionique”.

Je suis une écrivaine japonaise
26 septembre, 2009J’ai eu l’intelligence d’écrire sur Nelly Arcan avant sa mort suicidée. En fait, pas tant « écrire sur » que écrire Nelly Arcan, simplement. Une référence presque gratuite qui a valu à mon Lointain intérieur de connaître une hausse substantielle de visites, sans même m’être prostituée à lire son œuvre – ou ce qu’il en reste, plutôt. Car, maintenant que l’ « écrivaine » a réalisé « le suicide, le désir de mort, la détestation du monde, la détestation de soi » qui caractérisaient son travail de fiction (Odile Tremblay, Le Devoir), celui-ci s’aplatit pour devenir bêtement un appel au secours lancé dans le réel. Cette manie de toujours lire à partir de la fin, réorganisant, voire altérant les événements à la lumière d’un dénouement qui fixerait un sens à l’ensemble. Comme si cette façon de se donner la mort n’était pas l’aboutissement d’une existence ou d’une pensée chaotique, aussi réfléchi l’acte soit-il.
D’ailleurs, ce serait parce qu’il réfléchit trop que l’artiste mettrait fin à ses jours, victime d’une surconscience aiguë des choses qui le paralyse. « Nombreux sont les écrivains à avoir choisi le suicide. À croire que la lucidité, la pensée individuelle, l’angoissante quête d’une vérité éternellement fuyante, traquée en idées, en mots, ouvraient souvent ses portes sur un inaccessible absolu. […] Ajoutez au tableau des motifs possibles de désespoir né sur le terreau de l’enfance, que la littérature ne saurait apaiser, la mort de Dieu, le poids de la liberté, la lucidité trop grande, ce maître mot, le refus de dormir sur terre parmi les somnambules. » (Odile Tremblay, Le Devoir) D’un côté, donc, explorer sa liberté, apprendre à penser par soi-même, repousser les limites de la plate réalité, au risque de perdre pied. De l’autre, vivre comme un somnambule. Seulement pour continuer à vivre. Comme si ceux qui n’en arrivaient pas à poser le geste fatal se complaisaient dans le leurre, volontairement ou non. Étrange alternative à un suicide que l’on cherche à dramatiser.
Ce qui est dramatique dans le hara-kiri de Nelly Arcan – du moins pour ceux qu’elle laissait indifférents -, c’est de condamner la fiction à n’être qu’une expression du réel. Celle qui écrit ici Je suis suicidée ou qui s’évertue à renouveler l’art du suicide devient ainsi susceptible d’être contactée en panique par le Centre de prévention contre le suicide. Raccourci facile, alimenté par des destins comme ceux de Nelly Arcan et Hubert Aquin, qui font mauvaise presse à ceux qui usent du mot tabou. Or, Magritte l’aura compris : ceci n’est pas un suicide.

Pas plus fous que les Croates
17 septembre, 2009Finalement elle avait raison. J’étais suicidée. Mais comme si on ne suicidait qu’une fois. J’ai suicidé à neuf reprises jusqu’à présent. Je veux suicider autant de fois qu’il le faudra pour figurer dans le livre des Records Guiness. Mon agente, qui est très branchée dans le milieu suicidal, me dit que le record est tenu par un Croate : 63 suicides! Il faut dire qu’en Croatie, il existe un programme sports-arts-études qui offre l’apprentissage suicidien. En matinée, les élèves se familiarisent avec les différentes techniques de suicider ; il paraît qu’il se publie sur le sujet un ouvrage par jour depuis 91 ans, depuis, en fait, que la Croatie a inventé le noeud coulant! (selon la légende populaire) De tels best-sellers ont évidemment été, pour la plupart, transposés au grand écran (Les ustensiles, c’est pas juste bon pour cuisiner!, Mille et un moyens pour attraper la AH1N1…). Certaines journées, les leçons sont entrecoupées d’activités artistiques, où il s’agit d’exprimer sa suicidité, que ce soit par le scrapbooking, la danse, les ombres chinoises ou le théâtre de marionnettes. Les meilleures performances sont toujours présentées au spectacle de Noël, devant toute la famille fière de leur petit(e) suicidé(e) en devenir. L’après-midi est réservé à l’entraînement de la suicidation : s’étouffer avec un filet de badminton, se planter un javelot dans le crâne, ingurgiter un ballon de soccer, tourner sur soi-même jusqu’à en vomir ses tripes – littéralement. Ce n’est là qu’un aperçu des nombreuses disciplines, dont la plupart sont tenues secrètes pour assurer à la Croatie la supériorité dans le domaine du suicidement. Chose certaine, ce programme, qui s’intensifie avec les années, est extrêmement populaire. Normal : la Croatie profite d’une longue tradition suicidatoire qui se transmet de suicidant en suicidé. Le défi est de taille car ici, c’est un art fort méconnu, et les commanditaires se font rares. Pourtant, on n’est pas plus fous que les Croates.

Une certaine vie idéale
16 septembre, 2009J’ai toujours voulu être un grand brûlé. Pas n’importe lequel : le rescapé d’un incendie qui aurait été volontairement allumé par mon propre père. Si je voulais d’une autre vie, c’est celle-là que je choisirais, enfilant un masque de peau informe qui cacherait l’être humain que j’ai pu être. Me sentir comme une marionnette désarticulée, cousue à partir d’un divers de matériaux et de tissus dont il vaudrait mieux ne pas questionner l’origine. Mi-cadavre, mi-animal, assurément. Du crin de cheval en guise de touffes de cheveux. Des yeux agrafés pour éviter qu’ils ne tombent des orbites agrandis par la peur. Quelques crevasses pour rompre la monotonie d’un visage du reste déformé par un dentier mal ajusté. De la cire fondue comme lèvres, figées dans une grimace et maquillées pour ajouter à l’imposture. Un corps asexué sur lequel le temps n’aurait plus d’emprise, si ce n’est qu’il serait trahi par une voix fluette d’enfant, la voix que j’avais lorsque ma vie s’est arrêtée dans l’incendie. Tous des artifices pour montrer ma mort en spectacle. Pour mieux aller parader à la télévision en heure de grande écoute, pour narguer ceux qui me pleurent. Voilà comment j’aimerais finir mes jours, oui, comment j’aimerais que l’on se souvienne de moi.

L’illusion collective
13 septembre, 2009C’est fini : je n’aime plus les morts. Je veux dire : je n’aime plus ceux qui meurent. Ou, plutôt : je n’aime plus la mort, celle qui fait mourir. Il est difficile de parler de la mort, d’en parler en termes justes ; il faudra excuser les hésitations, les approximations, les maladresses. Mon manque de pudeur, surtout, qui ne sied pas à l’adulte qu’il faut être. L’adulte qui accepte la mort parce qu’ainsi va la vie, c’est comme ça. Elle fait partie de la réalité des choses. On ne peut rien y changer. Du reste, elle fait devenir plus adulte ; c’est bien, faire preuve de maturité. On n’apprécie pas ceux qui n’agissent pas conformément à leur âge. Ainsi donc la mort existe, elle arrivera inexorablement. Mais on ne m’a pas demandé mon avis. Un jour, from nowhere, la mort est arrivée. J’ai compris, en fait, qu’il s’agissait de la mort, car on ne m’a rien expliqué, ni avant ni après. J’en ai déduit qu’elle s’imposerait toujours comme ça : fatale et fatalement. Comme une mauvaise surprise, me laissant incrédule à la fois devant la surprise et devant son extrême mauvais goût. Sans compter l’arrière-goût qui, durable et puissant, te fait grimacer aux larmes à intervalles irréguliers mais indéfiniment, visiblement. Or je n’ai plus envie de croire à la mort. Elle ne me sert à rien, elle ne me sert en rien. Qui sait si elle n’est pas une illusion collective, le résultat d’une croyance universelle dont la mort tire son pouvoir d’exister. Qu’elle cesserait d’advenir si on n’y accordait plus de crédit, suivant l’idée selon laquelle ce qu’on ne voit pas n’existe pas, ce qu’on ignore demeure virtuel. Alors voilà, j’arrêterai d’y croire, parce que je n’en retire aucun plaisir. À moins que, peut-être, il s’agisse de quelqu’un que je n’aime pas. Mais là encore, le mal-aimé de l’un est le favori de l’autre. Si l’on acceptait néanmoins la mort des honnis (une idée sur laquelle je reviendrai peut-être ultérieurement), il faudrait d’abord vérifier qu’ils ne sont appréciés de personne, absolument personne. Après quoi ils mourraient sans susciter le moindre regret. Autrement la mort est inutile. Bravo, elle nous apprend que rien ne nous est acquis, que la vie est fragile, qu’il faut chérir nos proches, qu’il est essentiel de s’accorder du temps de qualité, ici et maintenant. Je le savais déjà. Fallait-il donc qu’il meure quand même?

C’est pas parce qu’on a tué une petite qu’on veut pas un grand (au contraire, même)
8 septembre, 2009Elle n’a plus de cou. Après 50 ans de fausses notes, forcément, son cou s’est aplati, la tête toujours rentrée dans les épaules pour se boucher les oreilles, mine de rien. Résultat: elle a rapetissé au fil des années. Si bien que, aujourd’hui, je lui ai offert de tout quitter pour s’installer confortablement au fond de ma poche. Le temps de composer une symphonie de démission et nous étions parties.
Seulement voilà: à ce point minuscule, j’ai fini par l’écraser de mauvais souvenirs et d’élans de désespoirs. Déjà qu’elle n’avait plus de cou ; ses épaules se sont affaissées jusqu’aux talons. Morte écrapoutie, ma fée gardienne.
Je suis maintenant à la recherche d’un géant sur les épaules duquel je pourrai m’asseoir.